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Le tabou de l'incontinence

L’incontinence urinaire chez les adultes se traduit par des pertes urinaires que l’on ne peut pas contrôler et qui peuvent survenir le jour comme la nuit. Toutefois, il ne faut pas oublier que ceci n’est qu’une conséquence du processus de vieillissement et non pas une maladie en soi.

Femmes enceintes, personnes âgées, accidentés divers, patients atteints de troubles de la vessie ou d'infections passagères... le spectre des personnes pouvant souffrir d'incontinence est très étendu. Pourtant, cette affection qui touche une large part de la population reste stigmatisée et, par conséquent, secrète et très peu connue. Afin de changer notre regard sur cette affection, étudions l'ampleur de son impact sur la population ainsi que la diversité de ses manifestations.

Tout le monde peut être touché

"Fuites urinaires" et d'autres synonymes d'incontinence restent aujourd'hui des termes tabous. Pourtant, ils touchent une grande partie de la population actuelle. Si l'incontinence est réputée être un mal des aînés, c'est en réalité bien plus de monde qui est concerné.

Toute personne souffrant de diabète a par exemple un risque accru d'être confrontée à des fuites urinaires. Statistiquement, ce sont les femmes qui sont les plus touchées. Certaines études estiment ainsi qu'une femme sur quatre rencontrera des problèmes de fuites urinaires au cours de sa vie d'adulte (voir notamment l'analyse de Thom D. pour l'université de Palo Alto). L'incontinence urinaire chez la femme enceinte ou ayant accouché depuis peu est ainsi très répandue, voire tout à fait commune. De même, la cystite est une des causes les plus répandues de cette affection chez la femme. Notons cependant que si les statistiques sont en faveur des hommes, ceux-ci ne sont pas épargnés pour autant. L'incontinence urinaire reste très fréquente pour eux également. Enfin, la tranche la plus âgée de la population est effectivement celle qui a le plus de risques de rencontrer des problèmes d'incontinence.

Si certaines personnes sont plus fragiles face aux risques d'incontinence, ce n'est pas forcément toujours pour les mêmes raisons. Les spécialistes distinguent en effet 4 grandes origines à l'incontinence.

Pourquoi devient on incontinent ?

Dans la majorité des cas il s’agit d’un affaiblissement des muscles du plancher pelvien : ces derniers se trouvent dans la partie basse du bassin, ce sont eux qui ont pour fonction de contenir la vessie et à réguler l’écoulement des selles et de l’urine. Ce muscle peut être mis à mal après certaines périodes de la vie comme par exemple lorsqu’une femme est enceinte ou bien encore quand le corps devient fatigué avec l’âge des sujets.

Une autre raison de ces pertes peut être la « descente de vessie » qui ne concerne que les femmes lorsque la vessie devient trop lourde pour les muscles qui sont sensés la retenir. Il est possible de refreiner ce phénomène par des exercices de musculation. En dernier recours, il est toujours pensable de recourir à la chirurgie. Par ailleurs, il existe une autre pathologie qui peut expliquer ces troubles : les soucis de prostate. Mais sans oublier que le fait de prendre des traitements médicaux de façon trop régulière ou encore de la constipation sont des éléments qui peuvent influer de manière négative sur ces troubles.

Typologie de l'incontinence

L'incontinence d'effort

Comme son nom l'indique, ce type de fuites est provoqué par un effort physique. Typiquement, le rire ou l'éternuement peuvent ainsi déclencher des fuites involontaires. Celles-ci ne sont généralement pas révélatrices d'affections importantes. Leur récurrence doit cependant alerter le patient. Elles peuvent par exemple être les symptômes d'une carence au niveau des muscles du système urinaire. Chez les femmes enceintes ou ayant accouché récemment, l'incontinence d'effort est ainsi révélatrice de l'affaiblissement des muscles pelviens lors de la grossesse.

L'incontinence par regorgement

L'incontinence par regorgement, ou par "dépassement" est quant à elle due à une saturation de la vessie. En temps normal, divers mécanismes du corps permettent une bonne régulation du remplissage de la vessie. Un élément clé de ces mécanismes est la capacité de contraction de la vessie. Si celle-ci est réduite, la vessie ne peut plus être vidée normalement. La rétention d'urine, et les fuites qui en découlent, deviennent alors chroniques.

L'incontinence par impériosité

L'incontinence par impériosité est elle aussi liée à un dysfonctionnement de la régulation de la vessie. A l'inverse de l'incontinence par regorgement, c'est ici beaucoup trop tôt que le corps pense devoir vider sa vessie. Le patient a l'impression que sa vessie est pleine et qu'il doit la vider d'urgence. La pression ressentie est telle qu'il ne sait dans certains cas pas retenir la miction.

L'incontinence fonctionnelle

L'incontinence fonctionnelle se distingue des trois types évoqués précédemment en ce qu'elle n'est pas la conséquence d'un problème directement issu de l'appareil urinaire. L'incontinence est dans ce cas une conséquence d'un problème de santé sous-jacent. Citons par exemple le cas d'une personne dont une paralysie l'empêcherait de se rendre aux toilettes. Ou encore le cas relativement commun du patient atteint d'une arthrite réduisant fortement sa mobilité. Des affections psychologiques comme la démence peuvent également constituer des obstacles à la miction chez un patient.

Dépasser le tabou, oser consulter

Ces quatre catégories ne sont pas perméables. Dans de nombreux cas, la visite chez un médecin maîtrisant les examens et gestes adéquats révèlera une "incontinence mixte", au croisement des grands types évoqués ci-dessus. En cas d'incontinence, particulièrement si celle-ci dure dans le temps, il est donc essentiel de rendre visite à un médecin généraliste ou à un spécialiste afin d'obtenir un diagnostic précis et un traitement en adéquation. Laisser "trainer" un problème d'incontinence revient à multiplier les risques d'aggravations. De même, seul le médecin pourra identifier si le problème d'incontinence est isolé ou s'il est lié à une défaillance autre dans le corps du patient. Le médecin pourra par ailleurs généralement prescrire un traitement peu coûteux, rassurant le patient quant aux questions de remboursements et mutuelles.

S'il peut être difficile pour certains patients d'évoquer un problème d'incontinence, il est donc important qu'ils arrivent à dépasser le tabou et à s'en entretenir avec leur médecin traitant.

Peut-on prévenir ces problèmes ?

La vitamine E : cette vitamine est réputée pour redonner de la force à ces muscles en particulier. On trouve cette vitamine en particulier dans les aliments du type épinards, choux ou encore dans la salade. Bref, les légumes sont une source indéniable de cette vitamine essentielle.

Toujours de manière la plus naturelle possible : la musculation du périnée reste une solution indéniable pour rester en forme. Pour cela il suffit de contracter ce dernier autour de deux doigts pour s’assurer que votre périnée est encore musclé.

En conclusion, pensez à éviter à tout prix le tabac, la prise de poids et les sports trop extrêmes ou qui exagèrent sur l’effort demandé à la vessie ou au périnée.

Jean François Lemoine explique le tabou de l'incontinence.

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